Pétition

Notre collègue Sylvie Robin, professeur de khâgne au lycée Louis-le-Grand (Paris) a été arbitrairement et brutalement rétrogradée à la rentrée scolaire de septembre dernier : le proviseur lui a retiré sa classe de Khâgne Ulm et option philo, couronnement d’une longue carrière en CPGE (20 ans d’enseignement en khâgne). Cette rétrogradation, reposant sur le seul pouvoir discrétionnaire du chef d’établissement, est présentée comme sans appel et ne laissant au professeur aucun droit de se défendre.
Cette atteinte d’une extrême gravité au droit des professeurs de CPGE de conserver le service sur lequel ils ont été nommés (indépendamment bien sûr des cas de faute ou d’insuffisance professionnelle pour lesquels des procédures institutionnelles existent) ne doit pas rester sans réaction de notre part. Ce qui se passe n’est pas seulement humainement inadmissible : cela lève en effet une des dernières protections des professeurs contre la loi de la mobilité et de la concurrence à laquelle le ministère veut soumettre nos établissements publics. Cela n’est évidemment pas sans rapport avec la décision prise cette année de supprimer tout contrôle des carrières (avancement, mutations…) par les commissions administratives paritaires (loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019 ; voir education.gouv.fr) et d’ajouter à l’avis de l’inspection celui des chefs d’établissement (B.O. du 14 novembre 2019, art. I.3.1.).

Indépendamment de la nécessaire solidarité que nous nous devons de manifester à une collègue victime d’une rétrogradation d’une telle brutalité après une longue carrière sans faute, ce qui est en cause dans cette affaire est aussi l’absence totale de procédure contradictoire permettant à notre collègue de se défendre. Sa rétrogradation lui a été signifiée comme simple « fait du Prince » ! C’est cet arbitraire, laissant les professeurs sans défense et exposés à tous les abus possibles, qu’il s’agit de combattre énergiquement, si nous ne voulons pas que les professeurs vivent dans la peur perpétuelle d’une hiérarchie disposant sur eux d’un pouvoir sans limites.

Un syndicat (F.O.) a rédigé une pétition. Afin que soit mis fin à la situation intolérable que vit Madame Robin (en état de choc, elle est en arrêt maladie depuis la rentrée), il est important que le plus grand nombre possible de signatures soit réuni : vous pouvez, si vous le voulez, envoyer dès maintenant votre signature, et celle des collègues que vous aurez pu contacter, par courriel (en photographiant ou scannant la page 2 de la pétition, une fois remplie) à l’adresse : petition.cpge@orange.fr